Reprise de murs en pierres sèches (schiste)
Par Association RESTe! le vendredi 3 octobre 2008, 11:48 - Fiches techniques - Lien permanent
Avec l'abandon des cultures en terrasses (peu compatibles avec la mécanisation), les murs en pierres sèches n'ont plus été entretenus. Le passage des sangliers, la poussée des eaux et des terres, les arbres qui poussent... ont ainsi pu créer de nombreuses brêches.
En remontant les murs, et en recréant ces faïsses, on préserve une composante du paysage ardéchois qui tend à disparaître.
Outre cet intérêt "esthétique", les faïsses permettent d'utiliser l'espace (cultures, bâtis...), tout en retenant l'eau, luttant ainsi contre l'érosion.
Avec l'abandon des cultures en terrasses (peu compatibles avec la mécanisation), les murs en pierres sèches n'ont plus été entretenus. Le passage des sangliers, la poussée des eaux et des terres, les arbres qui poussent... ont ainsi pu créer de nombreuses brêches.
En remontant les murs, et en recréant ces faïsses, on préserve une composante du paysage ardéchois qui tend à disparaître.
Outre cet intérêt "esthétique", les faïsses permettent d'utiliser l'espace (cultures, bâtis...), tout en retenant l'eau, luttant ainsi contre l'érosion.
Outils: pioche, pelle, massette tétu,cordeau
Matériaux: pierres prises sur place
1: Démontage des parties défectueuses du mur
Il faut avant tout retrouver une bonne assise. Soit une partie du mur préservé, soit directement le bon sol.
Les différents matériaux sont triés au fur et à mesure:
-pierres de parement (celles qui seront vues)
-pierres de remplissage
-pierres de calage
-pierres de finition (tête de mur)
-pierres de remblais
-terres
2: Mise en place des cordeaux
La poussée des terres déplace souvent les mur avant que des ventres ne se forment et que les brèches se créent. Les cordeaux servent de repères. Ils redéfinissent un alignement, non seulement dans le plan horizontal (linéarité), mais aussi dans le plan vertical (fruit). Suivant la hauteur du mur, on donnera plus ou moins de fruit.
Le plus simple est de fixer, de part et d'autre de la brèche, des tasseaux ayant l'inclinaison voulue, et d'y faire coulisser les cordeaux. Ainsi la référence ne bouge pas au fil du chantier.
3: Le démarage
Si l'on ne repart pas sur de l'existant ou directement sur la roche, il faut réaliser une fondation.
Il faut faire une tranchée suffisamment large et profonde et y disposer de grosses pierres. Plus les pierres sont larges, plus la surface de portance est grande, et donc plus grande est la stabilité de la fondation, donc du mur.
4: L'assemblage des pierres
Le schiste étant irrégulier (en feuilles), l'assemblage se fera de façon "aléatoire". Un puzzle avec un minimum de retouche.
Le secret est de bien caler chaque pierre pour que l'ensemble du mur tienne.
On commence par positionner les pierres en parement extérieur (celles qui seront vues), puis les pierres en parement intérieur (celles qui sont contre la terre). Pour finir on dispose de grosse pierres entre les deux (le garni), et on comble avec de plus petites
Dans un soucis de stabilité:
-disposer les pierres de préférence dans l'épaisseur du mur,
-croiser les joints (éviter les "coups de sabre"),
-être aussi attentif à la stabilité des pierres intérieures (ce n'est pas que du remplissage),
-positionner régulièrement des pierres faisant l'épaisseur du mur (boutisses ou parpaing) pour lier parements intérieur et extérieur,
-poser les pierres légèrement déversantes vers l'extérieur (pour chasser l'eau). Attention à ne pas trop les pencher pour ne pas qu'elles glissent.
Dans un soucis esthétique:
-aligner les arêtes supérieures sur le cordeau (pour éviter l'effet de "vague"),
-varier les formes et les couleurs des pierres utilisées.

5: Le remblai
En même temps que le mur monte, on rebouche le trou avec des pierres tout venant. Ce remblai sert de drainage qui évite la poussée de l'eau (évite le colmatage du mur), et renforce donc la solidité de l'ouvrage.
6: La finition
Le but est d'empêcher les infiltrations d'eau, et de protéger les premiers rangs de pierre (les plus exposés au passage).
On peut utiliser de grosses lauzes (posées à plat ou verticalement), ou des blocs (taillés ou non).

