Résumé du stage ouvrier du 18 juillet au 2 aout 2009
Par Association RESTe! le vendredi 18 septembre 2009, 17:26 - Chantiers - Lien permanent

Cette année, nous avons reçu, du 18 juillet au 2 août, 14 étudiants en architecture des écoles de Paris La Villette (EAPV) et de Strasbourg (INSA).
Ils ont travaillé sur:
-la construction d’un lavoir couvert,
-la restauration d’une porte en pierre de taille,
-la reprise d’une toiture en lauze,
-l’entretien du potager.
Ils ont participé aux taches quotidiennes du lieu (gestion de l’eau, production énergétique, traitement des déchets…).
Ils ont découvert des exemples de patrimoine ancien, et des réalisations contemporaines s’inscrivant dans ce patrimoine.
Pour finir, afin de présenter leurs travaux et de rencontrer la population locale, ils ont participé au festival musical de la Pleine Lune à Payzac, et organisé une exposition ouverte à tous sur le terrain.
LES PARTICIPANTS
Notre partenariat avec la Passerelle V nous a permis de reconduire le stage ouvrier avec l’école d’architecture de Paris La Villette (EAPV). Ce sont donc 12 étudiants, de première et deuxième année, qui se sont retrouvés sur le site d’expérimentation de La Mérigue.
Cette année, nous avons également pris contact avec l’école de Strasbourg (INSA). Deux étudiants ont donc complété le groupe.
A noter le retour (habituel maintenant) d’Edouard, étudiant de l’école d’architecture de Paris Val de Seine (EAPVS) qui avait participé au premier stage en 2006. Et la présence des visiteurs de la période estivale.
L’encadrement était assuré par 3 permanents de l’association, par une diplômable de La Villette, avec le soutien d’un membre du Club Marpen (association charentaise de réhabilitation du patrimoine).
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A travers la découverte d’un territoire situé dans le Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche, nos actions visent à sensibiliser les étudiants au patrimoine bâti et naturel.
Afin de lier la théorie de leur cursus à la pratique, ce stage leur permet d’acquérir des compétences propres au chantier de restauration (maçonnerie traditionnelle, taille de pierre, toiture en lauze…).
C’est également pour eux l’occasion de participer à une expérience de vie et d’actions abordant des thématiques environnementales, culturelles et sociales.
A noter que cette année encore, deux écoles sont représentées dans ce stage (Paris La Villette et Strasbourg). La confrontation de leurs pédagogies et expériences est un enrichissement supplémentaire.




LES APPROCHES
Le chantier a pris toute sa place, puisque les étudiants ont travaillé sur la construction d’un lavoir couvert, la restauration d’une porte en pierre de taille, la reprise d’une toiture en lauze, l’entretien du potager et du verger.
Mais cette approche technique a été complétée par une approche théorique avec :
-l’observation des bâtiments présents sur place (époques, systèmes constructifs, pathologies…),
-la visite de sites particulièrement caractéristiques du patrimoine local (village de Thines) ou des exemples d’intégration d’éléments modernes en milieu ancien ou naturel (la maison bulle de M. Lunal à Labeaume),
-des débats informels induits par toutes les taches du quotidien inhérentes au lieu (gestion de l’eau, production énergétique, traitement des déchets…), le contexte local (la commune met en place son Plan Local d’Urbanisme, développement local et approche globale),
-des échanges lors des rencontres avec les acteurs locaux (AMAP, association l’art scène, population locale).
L’approche artistique, quant à elle, a permis aux étudiants de se réapproprier le site (conception et réalisation d’une forme de signalétique didactique), d’aller à la rencontre d’un public (tenue d’un stand dans le village associatif du festival musical de la Pleine Lune à Payzac, réalisation d’une exposition ouverte à tous sur le terrain), et sera un outil de communication au sein de leurs écoles respectives.
LES AMENAGEMENTS
Grâce au beau temps, les étudiants ont pu planter leur tentes sur le terrain.
Nous avons également pu installer la cuisine en extérieur (dans la cour du four à pain). Le bâtiment, qui servait de cuisine, a donc été transformé en cellier.
Les repas, et quelques temps théoriques, ont été pris sous le nouveau barnum.
Le lieu dispose de toilettes à litière biomaitrisée (toilettes sèches), et de douches (eau chaude solaire et poêle bouilleur), ainsi que d’un « lavélo » (machine à laver le linge à pédalle).
LE DEROULEMENT
Les temps de chantier ont été adaptés en fonction de la chaleur. En général 5h de chantier le matin, avec des activités plastiques ou théoriques l’après midi.
Un jour de visite ou de « repos » étant organisé tous les trois jours.
En outre, chaque jour une équipe assurait la « vie quotidienne » (nettoyage, repas, potager, poulailler…).
LE CHANTIER
Afin d’appréhender un maximum de techniques, nous avons continué trois chantiers en cours.
Au contraire des autres années où ils étaient liés par un thème (l’aspect sanitaire, la gestion de l’eau…), ces chantiers n’ont pas de lien entre eux autre que la réhabilitation du patrimoine bâti.
Les étudiants ont ainsi pu expérimenter:
-Maçonnerie de schiste et grès, mortier de chaux (lavoir, porte dans la ruine),
-Pose de lauzes de schiste (toiture d’une partie de la ruine),
-Taille de pierre (lavoir, porte),
-Taille de charpente (lavoir)
Le lavoir
Afin de stocker les eaux de pluie et de ruissellement, un bassin type lavoir couvert avait été entamé par les étudiants de 2008.
Il s’agissait cette année:
-de continuer à maçonner le bassin proprement dit,
-de s’essayer à la taille de pierre sur les poteaux devant soutenir la charpente,
-de continuer les assemblages de la dernière demi-ferme.
La couverture en lauze
En juillet 2008, des jeunes de Cognac (16) avaient réalisé la charpente d’un des volumes de la ruine principale.
-Lors de ce stage, plusieurs rangées de lauzes ont été posées sur la couverture.
Reprise de maçonnerie
Suite aux intempéries de cet hiver, certains murs se sont éboulés. Afin de stabiliser la structure, nous devons les relier entre eux.
Les étudiants ont donc:
-Déblayé la zone de travail jusqu’à retrouver l’ancien seuil,
-Commencé à remonter un mur comprenant une porte en pierres de taille.
LES ARTS PLASTIQUES

Mise en place d’une signalétique
Le lieu du stage étant à proximité d’un chemin de randonnée de pays (GRP le cévenol), et recevant de plus en plus de visites, l’association souhaite mettre en place une signalétique globale.
Cette signalétique devant permettre:
-une présentation générale de l’association et du site,
-de donner des explications « techniques »,
-d’intégrer les notions de parcours et de découverte.
Souhaitant que cette signalétique s’intègre au lieu, à son esprit, nous avons demandé aux étudiants de s’inspirer du courant « Land-Art ».
Pour mener ce projet, les stagiaires ont donc déterminé:
-un thème permettant de relier toutes les réalisations: l’empilement,
-trois zones d’intervention avec des objectifs propres: l’accès par le nord depuis Le Vivier (repérage visuel du terrain, accompagnement…), le site (aiguiller l’attention sur des aménagements, des lieux particuliers…), l’accès par le sud depuis le pont de Chavaleret (aiguiller l’attention sur des paysages remarquables, accompagnement…).
Leurs réalisations étant le résultat plastique de cette démarche.
Le carnet de travail
Pour faciliter l’élaboration de cette signalétique, et guider la réappropriation et l’analyse du site par les étudiants, nous leur avons demandé de choisir un thème particulier (l’eau, l’énergie, le bâti, les déchets, les circulations…). Ils devaient alors, sous forme d’un carnet de travail, analyser l’existant et faire des propositions d’amélioration.
A terme, l’idée est d’utiliser cette matière comme base pour un fascicule de visite.
Soirée de fin de stage
Une soirée autour du four à pain a permis aux étudiants d’expliquer leur démarche, et de montrer le travail effectué à quelques voisins.
LES VISITES
L’agence Rosell
Afin de montrer sur quels types de problématiques, et donc sur quels types de projets, un architecte exerçant en milieu rural peut être amené à travailler, nous sommes allés visiter le cabinet de François Rosell, petite structure de 3 architectes installée sur la commune des Vans (07).
La maison « bulle »
Commencée dans les années 70, la dernière pièce de cette habitation, posée sur le calcaire, vient d’être achevée.
La structure métallique recouverte de béton permet de marier les formes et de jouer avec son environnement, tout en créant des espaces (intérieurs et extérieurs) intégrant en douceur une partie du mobilier.
Le village de Thines
Cette visite, au terme d’une ballade sous un beau soleil, nous a plongés au cœur des Cévennes ardéchoises.
Ce village accroché sur la roche, conserve une très belle église romane polychrome. Avec ses maisons de granit et de schiste, aux toiture de lauzes, et quelques gouttières de châtaignier, il est un exemple remarquable de patrimoine naturel et bâti local.

PARTICIPATION A LA VIE LOCALE
Le démariage des carottes
Avec une partie des terres laissée à l’abandon, et les pressions foncières qui s’exercent sur le reste, la problématique de l’accès à la terre (notamment pour les agriculteurs), et donc de l’entretien des paysages est omniprésente en sud Ardèche.
Aller à la rencontre de maraîchers participant à une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) permet d’appréhender les conséquences que les choix d’aménagement d’un territoire peuvent avoir sur la vie locale.
Le café restaurant associatif de La Lune

Un des rares lieux de vie de St Pierre le Déchausselat, ce restaurant, géré collectivement sous forme associative, propose des menus à partir de produits locaux, sert de dépôt pour des producteurs ou des artistes, et organise des évènements culturels (projections, expositions, débats…).
C’est dans ce lieu que le film, réalisé par les stagiaires de 2008, a été, entre autres, projeté. Il servira également pour une exposition sur le travail de 2009.
Festival de La Peine Lune à Payzac
L’association RESTe! tient, depuis 3 ans, un stand dans le village associatif de ce festival.
Cette année, les stagiaires y ont travaillé bénévolement.
Outre le fait de participer à un évènement local et de rencontrer ses acteurs, les étudiants ont pu se confronter à l’organisation d’un véritable village, devant accueillir jusqu’à 2500 personnes, avec ses zones de stationnement, ses accès, ses réseaux (électricité, eau…), sa gestion des déchets, ses sanitaires, ses normes de sécurité, la cohabitation de différents corps de métier (techniciens, artistes, restaurateurs…) et l’accueil de publics.
BILANS
Un bilan à mi-séjour a permis, sous forme de dialogue, de réajuster le contenu du stage.
Le bilan final s’est appuyé sur les réalisations concrètes, sur les retransmissions lors de l’exposition de fin de stage, et mis en commun avec les stagiaires.
Chantier
Positif:
La rotation sur trois ateliers a permis d’appréhender plusieurs métiers de réhabilitation du patrimoine. Bonne acquisition des techniques.
Bonne gestion des chantiers entre la préparation, la sécurité, le déroulement.
Chantiers le matin « à la fraîche »
Temps théoriques
Négatif:
Pas assez de jours « chantier ». Les postes auraient pu avancer plus.
Peut être plus de temps initiation pure.
Land-art
Positif:
Bonne analyse débouchant sur une démarche globale.
Réalisations intéressantes.
Négatif:
Manque de recherche et d’investissement.
Projet, liant une analyse, une propositions et des réalisations, qui aurait nécessité un encadrement particulier pour un meilleur aboutissement.
Visites
Positif:
Choix des sites.
Négatif:
Trajet jusqu’à Thines en plein soleil.
Participation à la vie locale
Positif:
Compréhension du contexte et de l’environnement dans lequel s’inscrit le projet de La Mérigue.
Echanges variés.
Négatif:
Temps d’échange chez les maraîchers intéressant, mais trouver une dynamique autour de chantiers.
Sortir les temps, consacrés au festival, hors des temps de stage pour récupérer des jours chantiers. Par contre, laisser la possibilité aux stagiaires de rester plus longtemps pour participer à cette dynamique.
Dynamique de groupe
Groupe agréable, intéressé et intéressant. Les résultats montrent leurs capacités d’analyse, de création.
Manque encore de méthode et de communication.
Choix difficile de cette période de stage pour éviter, surtout autour des temps land-art, l’ambiance « vacances »