La mise en place

1.jpgSuite au bon déroulement des deux premières sessions avec les étudiants de l’EAPVS, l’association RESTe!, contactée par l’association Passerelle V de l’école d’architecture de Paris La Villette, a décidé de lancer un deuxième stage. L’intérêt supplémentaire étant que les deux écoles se rencontrent. Etant donné le nombre d’étudiants de deuxième année des deux structures, les deux stages ont été regroupés sur la même période.

Ce sont donc 9 étudiants de Paris-Val-de-Seine, et 11 de La Villette qui sont venus expérimenter le site de La Mérigue du 20 avril au 4 mai.

Ils ont été rejoints, la deuxième semaine, par 8 anciens stagiaires.

Les objectifs

2.jpgOutre le fait de participer à une expérience de vie et d’actions, le but est d’aborder des thématiques environnementales, culturelles et sociales au travers la réalisation d’un chantier. Le chantier prend donc toute sa place, mais il est complété par de l’art plastique, des visites, des conférences, et bien entendu par toutes les taches du quotidien inhérentes au lieu. A cela il faut ajouter l’organisation, en fin de stage, d’une exposition ouverte au public garantissant le lien avec le local.

Les aménagements

L’hébergement se fait sous tente (l’association dispose de quelques tentes 4 places). Les repas sont pris sous un marabout, mais la cuisine ainsi que la vaisselle se font dans une grange attenante au bâtiment principal.

Le déroulement

3.jpgLes activités se succèdent en alternant trois jours de chantier et un jour de visite ou de repos. Le chantier dure, en général, 5 heures, ce qui laisse du temps pour les activités plastiques ou plus théoriques.

Le chantier

4.jpgLe premier stage était avant tout tourné sur la réhabilitation du patrimoine bâti (murs en pierre sèche, plancher bois...). Le deuxième à introduit la dimension environnementale (capteur solaire, phyto-épuration...). Cette année, c’est la problématique de l’eau qui a guidé les activités.

L’eau devient rare: les changements climatiques accentuent les phénomène de sécheresse ou de pluies dévastatrices, les nappes phréatiques sont surexploitées ou polluées, l’eau potable est gaspillée.

L’association a donc entrepris:

  • de réduire ses besoins en eau (toilette sèche, recyclage de l’eau utilisée, plantation d’espèces nécessitants peu d’eau...),
  • de lutter contre l’envahissement des pins (qui assèchent et appauvrissent les sols, l’eau, en plus d’être pompée par les arbres, n’est plus retenue par l’humus et se retrouve directement dans les rivières) en les coupant ou en les remplaçant par des feuillus,
  • de stocker les eaux de pluie et de ruissellement (l’eau pourra être utilisée aux saisons sèches, elle met plus de temps pour atteindre les cours d’eau, l’évaporation augmente le degré hygrométrique de l’air).

C’est dans cette optique qu’a été prévue la réalisation d’un bassin de stockage type lavoir couvert.

Nous avons ainsi pu créer différents postes de travail, chacun œuvrant pour un objectif commun:

  • défrichage, nettoyage de la béalière (canal drainant les eaux de ruissellement jusqu’au bassin),
  • reprise d’une partie de maçonnerie en pierres sèche formant la béalière,
  • réalisation du bassin proprement dit en pierres de schiste, maçonnées à l’argile et chaux,
  • taille des pierres (grès rouge) servant de poteaux pour la charpente,
  • taille et assemblage (tenon mortaise chevillée) des demi fermes de la couverture.

LA BEALIERE

5.jpgElle a peu à peu été comblée suite à la disparition d’un des murs qui la bordent. Les pierres ont été emportées, la terre a suivi, et la végétation s’est installée. A coup de pelle, de pioche, à mains nues, le canal a été nettoyé. L’ eau peut ainsi être acheminée vers le bassin sans rencontrer de résistance ni charrier trop de débris.

LE MUR DE LA BEALIERE

Une partie du mur, en pierres sèches de schiste, encore en place menaçait de s’effondrer, ce qui aurait à nouveau obstrué la béalière. La zone ventrue a donc été démontée en triant les pierres, jusqu’à retrouver une assise saine. Puis remontée en retrouvant l’alignement initial. Une pierre à encoche (marquant la limite de la parcelle et pouvant supporter un piquet de vigne) a retrouvé son emplacement en couronnement du mur.

"LE BASSIN"

6.jpgSitué en bas des premières terrasses, le bassin permet de récupérer une partie des eaux ruisselant depuis la béalière nettoyée, depuis la calade toute proche, mais également l’eau filtrant au travers du mur d'accole le surplombant. Le but est donc de réaliser une vasque d’eau propre (grâce à l’eau de filtration), dont le trop plein se déverserait dans le bassin proprement dit. Le bassin creusé (environ 5m50 par 3m pour une profondeur de 1m30), les cordeaux ont été placés pour respecter les alignements. Les premières assises ont servi de fondation (larges dalles), puis le mur a commencé à monter. Les pierres (schistes) ont été récupérées sur place, le mortier a été composé en grande partie d’argile du terrain et d’un peu de chaux hydraulique naturelle.

LES POTEAUX EN PIERRES DE TAILLE

La charpente doit être soutenue par trois poteaux. Des blocs de grès rose ont été récupérés à proximité, ils viendront se marier au schiste employé pour le bassin. Dans les blocs, sont taillées les six faces devant se superposer. Les outils employés étaient à percussion posée (chasse, gradine, ciseau...), le tout réalisé manuellement.

LA CHARPENTE

7.jpg Elle doit permettre la couverture du bassin. L’eau sera ainsi à l’abri du soleil (limitant l’évaporation) et des feuilles (pour garder une eau plus propre). Formée par trois demi fermes, elle recevra une couverture en bardeau de bois ou en lauze (suivant ce que nous pourrons trouver ou fabriquer). Les éléments ont été coupés et débités sur place à la tronçonneuse. Tout le reste a été travaillé manuellement. Chaque assemblage (tenon et mortaise) est simplement chevillé.

Les arts plastiques et visuels

SCULPTURE

Les stagiaires ont pu s’essayer à la sculpture sur des pierres à savon (pierre très tendre se travaillant à la lime, au couteau...). Il s’agissait de « toucher » un matériau nouveau et facilement accessible. Moment de détente.

LAND ART

8.jpg Le projet principal s’inspirait du mouvement « land art ». Le but étant de produire à partir de ce que fournit l’environnement (matériaux, espace, ressenti...) dans l’environnement. Les consignes étaient de trouver un site, d’avoir une vision commune, un lien pour trois ou quatre réalisations, et de penser à la retransmission vers le public (pour l’exposition en fin de stage). Deux sites ont été choisis: autours de la ruine principale, et la rivière « la Sure » qui coule en contrebas. Les quatre éléments ont servit de thème et de fil conducteur pour la visite.

VIDEO

L’association PASSERELLE V a organisé un atelier vidéo. Deux étudiants se sont donc consacrés au montage d’un court métrage sur l’association RESTe!. Une première projection sera organisée le 20 juin 2008 à l’Ecole d’Architecture de Paris la Villette.

Les visites

LES LAVOIRS

Le programme de chantier portant sur la réalisation d’un lavoir, il fallait bien en voir quelques uns. Par l’intermédiaire de figures locales, nous avons été accompagnés dans la découverte d’un sentier au fil de l’eau, que la commune de St Paul le Jeune avait mis en place pour mettre en valeur leur petit patrimoine. Les stagiaires ont ainsi pu observer fontaines, bassins, gours, et lavoirs (dont deux couverts).

LE SITE D’EXPERIMENTATION DE M.ROSELL

Confrontés à des problématiques environnementales, sociales et culturelles, pour la plupart nouvelles, il nous semblait intéressant de montrer aux stagiaires une autre forme d’approche. L’immersion sur le site de M.Rosell, à permis d’appréhender une dimension que nous ne développions pas sur le site de la Mérigue. En effet, ce lieu regroupe des expérimentations en matière d’énergies (solaire, biogaz, moteur à air, à eau, stirling...), de construction (bioclimatique, habitat sain, d’urgence, architecture organique...), de traitement des déchets (phyto épuration, recyclage pour la construction, l’énergie...), et bien d’autres qui sont autant de réponses possibles mises à la disposition du plus grand nombre. Dans cette dynamique, les étudiants ont pu assister aux conférences de M.Rosell, et mettre la main à la pâte en travaillant sur son projet. Au menu: du verre, de la disqueuse, de l’enduit, du burin...

Bilan

Retranscription littérale des notes du 02/05/08 des deux encadrants

CHANTIER

Positif:

  • la proximité des ateliers (échanges entre les groupes)
  • acquisition des techniques (bonne compréhension)
  • rotation sur plusieurs ateliers (3 jours minimum par atelier)
  • journée continue (fatigue, mais on voit vraiment les avancées, motivant)
  • 2 jours chez Rosell (bonne coupure, sensibilisation)

Négatif:

  • manque de motivation sur certains ateliers
  • pas assez de jour de chantier!!
  • pas de bilan de mi stage (d’où la baisse de régime couplée à la fatigue)
  • organisation chez Rosell
  • mettre à disposition tout le matériel (en état)
  • manque de théorie, terminologie... à mettre en place de façon plus formelle

LAND ART

Positif:

  • bonnes idées
  • investissement dans le projet, implication
  • rôle de Gisela
  • bons résultats

Négatif:

  • manque d’un encadrant supplémentaire
  • du temps à s’y mettre
  • peu de recherche, du coup l’aspect global a été mis de coté (ce qui s’est répercuté sur l’expo)

EXPOSITION

Positif:

  • du monde, et en plus heureux
  • qualité des prestations (variées, riches, supports différents...)
  • expo dans les ruines (mise en valeur)

Négatif:

  • pas d’organisation sur l’accueil et déroulement des visites (flottement)
  • manque de déco
  • manque d’animation, de musique
  • manque de présence des stagiaires

VIE QUOTIDIENNE

Positif:

  • bon fonctionnement, quasi respect des horaires
  • une équipe par jour
  • approvisionnement en bio (pas tellement plus cher)
  • bons repas

Négatif:

  • deuxième semaine plus chaotique
  • investissement des troisième année (mieux préparer leur intégration aux groupes en place)
  • manque de desserts
  • oublis de sac de couchage...
  • relachement trop tôt dans la journée

GROUPE

9.jpg Bonne entente. Le rapprochement des deux écoles a bien fonctionné. Des individus intéressés et intéressants. Des rythmes et des centres d’intérêt différents, mai la diversité des personnalités a contribué à enrichir le groupe.

On espère que l’expérience se prolongera hors du terrain.